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Le paracétamol (Tylénol) pendant la grossesse lié à des troubles du comportement

Le paracétamol ou acétaminophène, l’ingrédient actif des Doliprane, Efferalgan, Actifed, Tylenol…, pendant la grossesse est lié à un risque accru de « multiples problèmes de comportement chez les enfants », selon une étude publiée dans le Journal of the American Medical Association (JAMA) Pediatrics.

L’acétaminophène est généralement considéré comme sûr pendant la grossesse et est utilisé par un grand nombre de femmes enceintes pour la douleur et la fièvre, souligne le communiqué du JAMA Network.

Evie Stergiakouli de l’Université de Bristol (Royaume-Uni) et ses collègues ont analysé des données concernant 7 796 mères.

L’utilisation d’acétaminophène a été évaluée à 18 et 32 semaines de grossesse et lorsque les enfants avaient 5 ans. Les problèmes de comportement rapportés par les mères ont été évalués lorsque les enfants étaient âgés de 7 ans.

À 18 semaines de grossesse, 4 415 mères (53 %) ont déclaré utiliser l’acétaminophène et à 32 semaines, 3 381 (42 %). Quand les enfants avaient 5 ans, 6 916 mères (89 %) et 3 454 partenaires (84 %) utilisaient le médicament. À 7 ans, 5 % des enfants avaient des problèmes de comportement.

La consommation prénatale d’acétaminophène à 18 et à 32 semaines de grossesse était associée à un risque accru de 40 % en moyenne de problèmes de comportement et de symptômes d’hyperactivité chez les enfants, et à 32 semaines, elle était aussi associée à un risque accru de 30 % de symptômes émotionnels et à un risque accru de 46 % que les difficultés dans l’ensemble soient plus importantes.

L’utilisation d’acétaminophène par la mère quand l’enfant avait 5 ans et celle des partenaires n’étaient pas associées à des problèmes de comportement. Parce que des associations n’étaient pas observées dans ces cas, les auteurs suggèrent que cela peut indiquer que les troubles du comportement ne seraient pas expliqués par des facteurs non mesurés liés à l’utilisation de l’acétaminophène.

« Nos résultats suggèrent que l’association entre l’utilisation d’acétaminophène pendant la grossesse et les problèmes de comportement dans l’enfance peut être due à un mécanisme intra-utérin », écrivent-ils.

Mais ils mettent également en garde : « Cependant, le risque de ne pas traiter la fièvre ou la douleur pendant la grossesse doit être soigneusement pesé contre tout préjudice potentiel de l’acétaminophène pour l’enfant. »

Psychomédia avec sources : JAMA Network, JAMA Pediatrics.
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Cancer : nouvelle méthode de greffe de moelle osseuse sans chimiothérapie

Le 16 août 2016.

Non, la chimiothérapie n’est pas inéluctable, affirment des chercheurs de l’Académie de médecine de Stanford (États-Unis).

Des anticorps capables de bloquer certains capteurs sur les cellules souches

Ils sont parvenus à mettre au point un protocole permettant de procéder à une transplantation de moelle osseuse, utilisée non seulement comme soin curatif chez les malades atteints d’un cancer,comme la leucémie, mais aussi dans d’autres pathologies, sans avoir besoin d’avoir recours à la radiothérapie, ou à la chimiothérapie.

Des expérimentations à confirmer sur l’homme

Avec ce nouveau protocole, le nombre de cellules greffées transplantées qui meurent après la greffe chute de 20 à près de 0 %. Pour parvenir à ce résultat, les chercheurs utilisent des anticorps capables de bloquer les capteurs des cellules souches, en se fixant sur les protéines de surface CD47.

Pour l’instant, ces travaux portent sur la souris, mais ils seront prochainement expérimentés in vitro sur des cellules humaines, puis, si les résultats sont concluants, in vivo. 

À lire aussi : L’intérêt des médecines alternatives dans l’accompagnement du patient atteint d’un cancer

 

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Et si j'achète mes prothèses auditives à l'étranger ?

Les prothèses auditives achetées à l?étranger peuvent être remboursées

Sur 6 millions de malentendant en France, seuls 1,5 millions sont équipés de prothèses auditives. La raison ? Les tarifs exorbitants souvent pratiqués en France et un restant à charges après remboursement plutôt élevé pour les Français. Mais il existe une autre solution pour payer moins cher ses prothèses auditives

Les prothèses auditives achetées à l’étranger peuvent être remboursées

A 1 550 euros en moyenne par oreille, l’équipement auditif reste un véritable investissement pour les Français. Or, si l’Assurance Maladie et la mutuelle santé peuvent prendre en charge ces dispositifs de soins, le restant à charge reste très élevé pour les Français, environ 1 100 euros par oreille.

Heureusement, le ministère de la Santé confirme qu’il est tout à fait possible d’acheter ces dispositifs médicaux en dehors de la France. De quoi faire jouer la concurrence ! Et bien sûr, ces achats à l’étranger sont également couverts par la Sécu et par la complémentaire santé. En revanche, pour être remboursées, les prothèses auditives étrangères doivent :

  • Avoir le marquage CE
  • Répondre aux conditions de la liste des produits et prestations remboursables

L’Autorité de la concurrence s’intéresse au marché de l’audioprothèse

Justement parce que les tarifs de l’audioprothèse sont très élevés, l’Autorité de la concurrence a indiqué qu’elle se penchait sur le marché, constitué de 6 fabricants à l’échelle mondiale.

Selon elle, les tarifs résultent d’une concurrence défaillante (problème du numerus clausus, marges trop élevées, manque d’information des consommateurs, etc.). En d’autres termes, l’Autorité de la concurrence soupçonne les fabricants de s’entendre sur les prix, une pratique sanctionnable. 

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Scandale sanitaire : la Dépakine pourrait avoir fait 35 000 victimes

Le 11 août 2016.

La Dépakine aurait fait des milliers de victimes depuis sa commercialisation en 1967. Ce médicament prescrit aux personnes souffrant d’épilepsie serait à l’origine de nombreux cas de malformations congénitales et de troubles du développement cognitif, chez les enfants de femmes à qui il aurait été prescrit alors qu’elles étaient enceintes.

10 000 femmes auraient pris de la Dépakine entre 2007 et 2014

C’est sans doute le plus grand scandale sanitaire depuis l’affaire du Médiator. La Dépakine, un médicament prescrit pour lutter contre les crises d’épilepsie, serait, lorsqu’il est prescrit à une femme enceinte, responsable de malformations fœtales et de problèmes de développement de l’enfant. Ce médicament, commercialisé depuis 1967, n’est aujourd’hui plus prescrit, mais ses victimes se comptent en dizaines de milliers.

C’est la molécule contenue dans ce médicament, le valproate de sodium, qui serait à l’origine de ces troubles. On estime à 10 % le risque de malformations fœtales et à 40 % le risque de retards intellectuels, de difficultés à marcher et d’autisme lorsque le fœtus est en contact avec cette substance. En tout, 10 000 femmes aurait pris ce médicament entre 2007 et 2014, année durant laquelle la première alerte a été lancée par l’Association d’aide aux parents d’enfants souffrant du syndrome de l’anticonvulsivant (Apesac).

35 000 victimes depuis 1967 ?

L’avocat des familles des victimes, Charles Joseph-Oudin, estime quant à lui que 35 000 personnes auraient été victimes de ce médicament produit par le laboratoire Sanofi depuis 1967. « Sur la base de ce chiffre, on peut calculer le nombre d’enfants victimes », note-t-il pour le quotidien 20 Minutes. « 10 000 femmes sur sept ans, cela correspond à 1 429 enfants nés par an. Si 10 % sont la cible de malformations et 40 % de troubles du comportement, cela fait 15 000 victimes depuis 1995 quand les premières alertes sont arrivées et même 35 000 depuis la mise sur le marché de ce médicament en 1967 », analyse-t-il encore.

Une première étude menée sur le sujet devrait être présentée à l’Apesac le 24 août prochain. « Le ministère étudiera, en lien avec cette association représentative des familles avec laquelle il travaille étroitement, les mesures qu’il apparaîtra nécessaire de mettre en œuvre » face à cette catastrophe sanitaire, a annoncé le ministère de la Santé. L’Apesac travaille par ailleurs à regrouper les victimes de la Dépakine pour les aider à être indemnisées.

À lire aussi : Les médicaments chez la femme enceinte

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Dépakine : le gouvernement et Sanofi, responsables ?

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Nouveau scandale sanitaire avec la commercialisation de la Dépakine, un traitement antiépileptique commercialisé en France par le laboratoire Sanofi depuis 1967 qui, prit durant la grossesse peut provoquer des dégâts sur le développement cognitif et un impact sur les malformations. Le gouvernement est jugé responsable.

Antiépileptique : des risques détectés depuis les années 90

Alors que les risques de malformations congénitales causées par le valproate de sodium (molécule de la Dépakrine) sont connus depuis fin des années 90 et l’impact négatif sur le développement cognitif, depuis fin des années 2000, le traitement a continué d’être commercialisé, générant plusieurs centaines de millions d’euros pour le groupe pharmaceutique Sanofi.

Malgré cette prise de conscience, les autorités sanitaires n’auraient agi qu’au cours de l’année 2015, afin d’encadrer la prescription de ce traitement.

Le ministère de la Santé accusé

Le ministère a d’ailleurs été pointé du doigt lui aussi par l’Apesac qui l’accuse d’avoir mis trop de temps à réagir. D’ailleurs le nombre de victimes de ce traitement serait plus important selon une étude de l’Agence du médicament et de la Caisse nationale d’assurance maladie.

Selon le Canard Enchainé, le ministère de la Santé aurait caché les résultats de l’étude, dont les premiers ont été reçus dès mi-juillet.

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Activation comportementale et dépression, comment ça marche ?

Le 12/08/2016.

Selon une étude menée par l’Inpes en 2005, la dépression est l’une des maladies psychiques les plus répandues. 19 % des Français de 15 à 75 ans (soit près de 9 millions de personnes) ont vécu ou vivront une dépression au cours de leur vie. Pour lutter contre cette maladie, des solutions existent, comme l’activation comportementale.

La dépression touche davantage les femmes

Environ deux fois plus de femmes sont diagnostiquées comme souffrant de dépression. Pour améliorer son quotidien et lutter contre cette maladie, la solution est simple : l’activation comportementale. Il faut pratiquer des activités amusantes et positives. Elles réduisent l’isolement et agréables. Danser ou voir ses amis fonctionne tout aussi bien que les traitements établis comme les thérapie cognitivo-comportementale.

Neil S Jacobson avait, dans les années 1990, développé une thérapie sur le fait que les gens déprimés n’interagissent pas avec l’extérieur et évitent les contacts humains. Cela renforce donc leur dépression. D’après le professeur David Richards de l’Université d’Exeter, « les personnes atteintes de dépression se sentent inférieur aux autres, mais leur humeur va variée en fonction de ce qu’ils font ». Il souligne, « quand nous nous arrêtons de faire des choses qui font de nous des humains, nous nous fermons sur nous-mêmes, ce qui va maintenir la dépression ».

3 millions de personnes ont vécu une dépression au cours des douze mois précédents

Cette thérapie comportementale est dite « outside-in », c’est-à-dire que les personnes souffrant de dépression sont encouragées à découvrir des activités qui favorisent leur bonne humeur. Il est également important d’analyser comment elles se sentent au cours de celles-ci. La thérapie joue sur ce que les gens pensent d’eux-mêmes, donc leurs croyances. D’après David Richards, l’activation comportementale fonctionne aussi bien que les antidépresseurs et peut être utilisée pour la dépression légère, modérée et même sévère. Attention, elle ne convient pas pour les gens qui sont suicidaires.

David Richards souligne que « l’activation comportementale n’est pas une option douce ». Effectivement, elle ne minimise pas l’effet de la dépression. Elle nécessite de la réflexion et de l’analyse sur les relations humaines et l’humeur. Cela aide les gens à comprendre comment leurs actions influencent leur ressenti. La dépression a souvent besoin de plus d’une intervention thérapeutique. L’activation comportementale peut donc être une option difficile, mais utile.

À lire aussi : Dépression : l’alimentation pour retrouver le moral

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Schizophrénie : l’exercice aérobique aide à améliorer certains symptômes

L’exercice aérobique peut aider de manière significative les personnes atteintes de schizophrénie, selon une étude publiée dans la revue Schizophrenia Bulletin.

Joseph Firth et Alison Yung de l’Université de Manchester ont, avec leurs collègues, combiné les données de 10 études cliniques impliquant un total de 385 personnes atteintes de schizophrénie.

La phase aiguë de la schizophrénie est caractérisée par des hallucinations et des délires (symptômes dits positifs), qui sont généralement traitables avec des médicaments, indiquent les chercheurs. Mais la plupart demeurent affectée par des déficits cognitifs, dont des problèmes de mémoire et de concentration et des troubles de traitement de l’information (symptômes dits négatifs).

Des programmes d’exercices aérobiques avec tapis roulant et vélo d’exercice, en combinaison avec les médicaments, amenaient une plus grande amélioration du fonctionnement cérébral global que les médicaments seuls.

Les domaines les plus améliorés par l’exercice étaient la capacité à comprendre les situations sociales, la capacité d’attention, et la mémoire de travail (quantité d’informations qui peut être gardée à l’esprit à un moment donné).

Les programmes qui comportaient la plus grande quantité d’exercice, et ceux qui
amenaient la plus grande amélioration de la condition physique avaient les effets les plus importants sur le fonctionnement cognitif.

« Les déficits cognitifs sont un aspect de la schizophrénie particulièrement problématique », explique Firth. « Ils entravent la récupération et ont un impact négatif sur la capacité à fonctionner au travail et dans les situations sociales. Et, les médicaments actuels de la schizophrénie ne traitent pas les déficits cognitifs de la maladie. »

Les données de recherche suggèrent de plus en plus que l’exercice physique peut apporter une solution, dit-il. « Le recours à l’exercice dès les premiers stades de la maladie pourrait réduire la probabilité d’invalidité à long terme, et faciliter la récupération fonctionnelle complète », dit-il.

Psychomédia avec sources : University of Manchester, Schizophrenia Bulletin.
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Paludisme : des chercheurs inventent un piège à moustiques révolutionnaire

Le 12 août 2016.

Des pièges à moustiques pour lutter contre la transmission du paludisme, c’est l’idée qu’ont eue des chercheurs kényans et néerlandais. Ces appâts ont été installés sur une île africaine et ont considérablement réduit le nombre de nouveaux cas déclarés.

30 % de nouveaux cas de paludisme en moins

Des chercheurs kényans et néerlandais viennent de mettre en pratique un système révolutionnaire pour lutter contre la transmission du paludisme en Afrique. L’idée est simple, il s’agit d’un piège permettant d’attirer les moustiques en diffusant une odeur semblable à celle des humains. Les résultats de ces appâts sont très prometteurs et les premiers bilans viennent d’être publiés dans la revue britannique The Lancet.

Pendant trois ans, ces pièges ont été installés dans des foyers de l’île kenyane de Rusinga, sur le lac Victoria, au Kenya. En plus d’être écologiques, puisqu’ils fonctionnent grâce à l’énergie solaire, ils auraient permis de capturer 70 % de la population locale de moustiques. Un chiffre qui se traduit également par une nette baisse du nombre de cas déclarés de paludisme sur l’île. Les chercheurs estiment qu’au terme de trois ans d’étude, on compte 30 % de nouveaux malades en moins.

Un piège pour lutter contre la dengue et le virus Zika

Outre la lutte contre le paludisme, qui est aujourd’hui la maladie la plus mortelle au monde, ces pièges pourraient également être utilisés dans des régions contaminées par la dengue ou le virus Zika, eux-aussi transmis par les moustiques. Ces appâts permettent également d’offrir une véritable alternative aux pesticides auxquels les moustiques résistent de mieux ne mieux.

« Lutter contre la malaria sans insecticides est mon rêve suprême ! » a ainsi déclaré Willem Takken, chercheur à l’université de Wageningen et co-auteur de cette étude. Le paludisme est aujourd’hui responsable de la mort d’un enfant toutes les minutes. Ces derniers sont les principales victimes de cette maladie qui a fait, en 2015, 438 000 morts. L’objectif de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) est de parvenir à réduire ce chiffre de 90 % d’ici 2030.

À lire aussi : Bientôt un vaccin contre le paludisme ?

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Des paraplégiques retrouvent un usage partiel de leurs jambes

Le 12 août 2016.

La réalité virtuelle pourrait être une alliée de taille pour la rééducation des paraplégiques. Une étude américaine vient d’apporter la preuve des bons résultats, qu’il est possible d’obtenir grâce à la connexion du cerveau à la machine, en redonnant à sept paraplégiques des sensations physiques et un usage partiel de leurs jambes.

La réalité virtuelle pour rééduquer les paralysés

Des paraplégiques, immobilisés du bas de leur corps depuis des années, ont retrouvé des sensations et un usage partiel de leurs jambes. Ce miracle scientifique s’est déroulé au Brésil, où des chercheurs américains ont utilisé la réalité virtuelle pour aider à la rééducation de ces paralysés.

Pour parvenir à ce résultat, le Dr Miguel Nicolelis, spécialiste des neurosciences de l’université américaine Duke, en Caroline du Nord, a utilisé une interface cerveau-machine. Comme son nom l’indique, cet appareil permet de relier le cerveau à une machine, sans l’utilisation d’électrodes, de puce électronique ou encore de simulateur.

Des résultats exceptionnels chez des patients paralysés depuis des années

Tout est question de réalité virtuelle, et aux huit participants de cette étude, il a été demandé de s’imaginer en train de marcher. L’imagination de cette action leur a permis de faire avancer un avatar virtuel et ainsi de « réactiver » l’idée de marcher dans le cerveau du paralysé. La rééducation physique, a ensuite permis de mettre cette idée en action et les chercheurs ont observé que certains nerfs qui n’avaient pas été endommagés à la suite de l’accident qui avait conduit le patient à devenir paraplégique, se sont remis à fonctionner.

Au terme de vingt mois d’étude, sept des huit participants ont retrouvé des sensations physiques. Ils sont aujourd’hui qualifiés de paraplégiques partiels par les médecins. Des résultats spectaculaires ont particulièrement été observés chez deux femmes, chacune paralysée depuis plus de 10 ans. L’une peut aujourd’hui s’asseoir et conduire, tandis que l’autre a ressenti les douleurs des contractions lors de son accouchement.

À lire aussi : Le syndrôme de Guillain-Barré

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Des paraplégiques recouvrent une capacité de mouvement à l’aide de la réalité virtuelle

Des personnes paraplégiques depuis des années ont pu recouvrer des sensations et un contrôle partiel de leurs jambes grâce à un programme de rééducation cérébrale et physique faisant notamment appel à la réalité virtuelle.

Miguel Nicolelis, chercheur en neurosciences de l’université américaine Duke, et ses collègues, dont les travaux sont publiés dans la revue Scientific Reports, ont mené cette étude avec huit personnes paralysées des deux jambes depuis 3 à 13 ans.

Ces avancées ont été obtenues après un entraînement d’un an avec une interface cerveau-machine. Les participants devaient s’imaginer en train de marcher à l’aide d’un avatar virtuel. Ce qui aurait permis de faire réapparaître leur représentation cérébrale de leurs jambes.

La rééducation a probablement réactivé des nerfs de la moelle épinière qui avaient survécu au traumatisme à l’origine de la paraplégie, explique le chercheur. « Il peut s’agir d’un petit nombre de fibres nerveuses résiduelles, mais suffisantes pour véhiculer des signaux de la zone du cortex moteur du cerveau à la moelle épinière ».

« La rééducation a combiné une immersion intensive dans la réalité virtuelle, renforcée par des signaux visuels et tactiles (donnant la sensation de toucher le sol) reçus par le patient, et des exercices physiques, notamment sur tapis roulant », rapporte l’AFP. Le programme faisait aussi appel à des exosquelettes, qui sont des structures de soutien du corps pour la marche activée par la pensée. »

Au bout d’un an, les sensations et le contrôle musculaire de quatre patients s’étaient suffisamment améliorés pour que le niveau de leur paralysie soit requalifié de paraplégie totale à partielle. Au bout de 20 mois, ce nombre est passé à sept. La plupart des patients ont également bénéficié d’une amélioration du contrôle de leur vessie et du fonctionnement de leur intestin.

Les meilleurs résultats ont été enregistrés chez deux femmes, paralysées depuis plus de 10 ans et sans aucune sensation dans la partie inférieure de leur corps. Une vidéo montre l’une d’entre elles bouger volontairement ses jambes, soutenues par une sorte de harnais. Une de ces patientes peut maintenant s’asseoir et conduire. L’une d’elles a aussi pu, sentir son bébé et les contractions lors de son accouchement.

Des patients masculins ont également fait état d’une amélioration de leur sexualité. « Certains d’entre eux ont recouvré la possibilité d’avoir des rapports sexuels, des érections », dit le docteur Nicolelis.

Psychomédia avec sources : Duke University, Scientific Reports, Le Monde (avec AFP).
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