Augmenter ses apports en magnésium pourrait ralentir le vieillissement cérébral et réduire le risque futur de démence, selon une étude australienne portant sur plus de 6 000 participants suivis pendant seize mois.
Un lien mesurable entre apport alimentaire et volume cérébral
Une étude publiée en mars 2023 dans l’European Journal of Nutrition établit un lien entre une consommation plus élevée d’aliments riches en magnésium et une meilleure préservation du cerveau avec l’âge. Menée par Khawlah Alateeq, de l’Australian National University, et ses collègues, elle repose sur l’analyse des données de plus de 6 000 participants âgés de 40 à 73 ans, qui ont rempli un questionnaire alimentaire à cinq reprises sur une période de seize mois.
Les chercheurs ont observé qu’un apport plus important en magnésium était associé à des volumes cérébraux plus élevés et à des lésions moins étendues de la substance blanche, selon les régions du cerveau étudiées. Comparée à une personne ayant un apport quotidien moyen de 350 mg, une personne se situant dans le quartile supérieur, avec plus de 550 mg par jour, présentait un volume de matière grise supérieur de 0,20 % et un hippocampe plus volumineux de 0,46 %. À l’âge moyen de 55 ans, cette différence équivaut approximativement à une année de vieillissement cérébral typique.
« En d’autres termes, une augmentation de 41 % de l’apport en magnésium peut conduire à une meilleure santé cérébrale, ce qui devrait également contribuer à une plus grande préservation des capacités cognitives et à un risque plus faible ou une apparition plus tardive d’une démence à un âge plus avancé », explique Khawlah Alateeq. Les données confirment cette hypothèse : un apport alimentaire supérieur à 196 mg par jour était associé à une réduction de 37 % du risque futur de démence chez les personnes dans la soixantaine, un effet préventif qui semble pouvoir s’amorcer dès la quarantaine.
Des bénéfices plus marqués chez les femmes ménopausées
L’étude révèle aussi des différences selon le sexe et le statut hormonal. Erin Walsh, coautrice des travaux, indique que les effets neuroprotecteurs d’un apport plus élevé en magnésium semblent bénéficier davantage aux femmes qu’aux hommes, et plus particulièrement aux femmes ménopausées qu’aux femmes préménopausées, une différence potentiellement liée aux propriétés anti-inflammatoires du magnésium. Ces résultats rejoignent d’autres travaux ayant établi un lien entre la consommation de légumes verts, une source reconnue de magnésium, et une augmentation des volumes de matière blanche et de matière grise, notent les chercheurs.
Où trouver du magnésium dans l’alimentation
Le magnésium est le quatrième minéral le plus abondant dans l’organisme, après le calcium, le potassium et le sodium. Il se retrouve dans une grande variété d’aliments du quotidien, qu’il s’agisse d’oléagineux comme les amandes, les noix de cajou ou les graines de tournesol, de légumineuses telles que les haricots ou le soja, de céréales complètes comme le riz brun, l’avoine ou les grains entiers, mais aussi de légumes verts, de bananes, de brocoli, de champignons, de cacao, de graines de lin, de graines de citrouille, de graines de sésame, de maïs sucré, de tofu, de jaune d’œuf, d’huile de poisson ou encore de lait. Diversifier ces sources tout au long de la vie pourrait ainsi constituer une stratégie alimentaire simple pour soutenir la santé cérébrale à long terme.

