Pourquoi on écoute de la musique quand on est triste, en colère ou stressé

Écouter de la musique n’est pas qu’un plaisir passager : c’est aussi l’un des moyens les plus utilisés pour gérer ses émotions au quotidien. Des chercheurs finlandais ont identifié sept manières distinctes dont elle y parvient.

Une compétence psychologique à part entière

Réguler ses émotions consiste à agir sur la manière dont elles sont ressenties, exprimées ou vécues physiquement, que ce soit consciemment ou non. Les émotions jouent en général un rôle utile dans le comportement, mais leur intensité ou leur expression ne correspondent pas toujours au contexte, ce qui rend cette régulation nécessaire. C’est ce que souligne la psychologue Suvi Saarikallio, du département de musique de l’université de Jyväskylä, en Finlande, dont les travaux avec ses collègues portent sur l’usage de la musique dans ce processus.

Cette régulation ne concerne pas seulement les émotions ponctuelles. Elle s’étend aux humeurs, des états plus durables, souvent sans cause identifiable, et davantage tournés vers le ressenti intérieur que vers l’action. En interrogeant des personnes sur leurs habitudes d’écoute, l’équipe de Suvi Saarikallio a dégagé sept stratégies récurrentes par lesquelles la musique intervient dans cette régulation.

Sept manières d’utiliser la musique pour se sentir mieux

Une première famille de stratégies vise à entretenir ou renforcer un état positif. Le divertissement consiste à écouter une musique agréable pour créer une ambiance de bien-être et prolonger une humeur déjà favorable. La revitalisation et la relaxation répondent à un besoin différent, celui de se ressourcer et de retrouver de l’énergie après une période de stress. La sensation intense correspond, elle, à une écoute plus immersive, recherchée pour le plaisir profond, la concentration et l’implication émotionnelle qu’elle procure. La diversion complète cette première famille en offrant une échappatoire aux pensées, sentiments ou soucis envahissants, par le biais d’une musique qui détourne l’attention.

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Une seconde famille de stratégies s’adresse davantage aux émotions négatives et aux moments difficiles. La libération repose sur une musique qui exprime la colère ou la tristesse, permettant à l’auditeur de laisser sortir ces émotions plutôt que de les contenir. Le travail mental sur les émotions va plus loin : la musique sert alors de cadre pour affronter, reconnaître et réévaluer une expérience émotionnelle perturbante, en suivant souvent une évolution progressive, du ressenti brut initial vers un état d’esprit plus clair et plus apaisé à mesure que le morceau se déploie. Enfin, le réconfort consiste à chercher dans la musique une forme d’acceptation et de compréhension face à la tristesse ou à l’adversité.

Un maillon parmi d’autres de l’intelligence émotionnelle

Selon les chercheurs, cette capacité à réguler ses émotions par la musique ne constitue qu’une composante de l’intelligence émotionnelle dans son ensemble. Deux autres capacités y contribuent : reconnaître et nommer précisément ce que l’on ressent, puis mobiliser ces émotions pour s’adapter à une situation ou résoudre un problème. La musique, à travers ses sept usages identifiés par l’équipe de Suvi Saarikallio, apparaît ainsi comme un outil accessible et déjà largement mobilisé, souvent sans que l’auditeur en ait pleinement conscience, pour naviguer entre ces différentes dimensions de la vie émotionnelle.

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