Coca-Cola finance des scientifiques pour semer le doute sur les méfaits du sucre

Coca-Cola finance, à coup de millions de dollars, des scientifiques qui diffusent le message que l’obésité est plus due au manque d’exercice physique qu’au régime alimentaire et à la consommation de sucre, rapporte le New York Times.

La stratégie survient alors que les ventes de boissons gazeuses ne cessent de baisser et que plusieurs autorités de santé ont entrepris de mieux sensibiliser la population aux méfaits du sucre.

Coca-Cola a notamment financé le Global Energy Balance Network, un organisme sans but lucratif qui fait la promotion de l’idée que les gens soucieux de leur poids sont trop obsédés par leur alimentation et n’accordent pas assez d’importance à l’exercice.

Et ce, alors que les experts s’entendent de plus en plus pour dire que l’alimentation a un impact beaucoup plus important que l’exercice sur le poids.

Par exemple, rappelle Barry M. Popkin, professeur de nutrition à l’Université de Caroline du Nord, une canette de 12 onces (355 ml) de Coca-Cola contient 140 calories et environ 10 cuillères à thé de sucre. Il faut marcher près de 5 Km pour brûler ces calories.

Les niveaux d’activité physique dans les pays occidentaux sont restés stables au cours des trois dernières décennies, alors que les taux d’obésité ont explosé, soutenaient par exemple Aseem Malhotra directeur scientifique de l’organisme Action on Sugar et ses collègues dans le British Journal of Sports Medicine en avril dernier.

Une récente analyse des études portant sur les boissons, publiée dans la revue Plos One et citée par l’article du New York Times, montre que celles qui sont financées par Coca-Cola, PepsiCo, l’American Beverage Association et l’industrie du sucre sont 5 fois plus susceptibles de ne pas trouver de lien entre les boissons sucrées et la prise de poids que celles dont les auteurs ne rapportent pas de conflits d’intérêts.

Le financement offert par Coca-Cola à d’éminents chercheurs rappelle les tactiques utilisées par l’industrie du tabac qui enrôlait des experts pour devenir des « marchands de doute » sur les dangers du tabagisme pour la santé, note Barry Popkin.

Mentionnons que les mêmes stratégies de création d’apparences de doute scientifique sont également utilisées en ce qui concerne le climat.

Psychomédia avec sources : New York Times, British Journal of Sports Medicine.
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